Qui veut voyager loin…

Western States, UTMB, Echappée Belle, Tor des Géants, Diagonale des Fous…Que des noms magiques de courses mythiques qui font rêver….  Californie, Mont-Blanc, Belledonne, Val d’Aoste, île de La Réunion, il faut dire qu’il y a là quelques bons arguments pour voyager déjà juste par la pensée!!

On en oublierai presque qu’il s’agit là de courses de longues distances en montagne! Et quand je dis « longue distance », la plus petite d’entre ces courses fait toute de même 144km pour 11 100M+ (L’Echappée Belle)… Quand à la plus longue, qui n’est autre que le Tor des Géants, elle fait maintenant, avec les nouvelles modifications de parcours plus de 340km pour environ 27 000M+ !!!… Les 3 autres, n’étant « que » de simples 100 miles +ou- c’est à dire la distance « classique » de 163km pour un ultra (+ou- car la Diag et l’UTMB compte 170km maintenant pour environ 10 000M de dénivelés positifs, autant en négatifs…)

Je ne cite que ces courses, que j’ai eu la chance de courir, et que j’aime particulièrement, parce que la liste des « Ultras » XXL et XXXL même serait bien trop longue à citer de nos jours!

Je pratique ces distances depuis mes débuts, donc ce post n’a pas pour but de critiquer le format « Ultra », ni sa popularité loin de là et encore moins le nombre croissant de courses longues distances, ce n’est pas mon point!

En revanche, mon regard critique se porte d’avantage sur l’évolution de notre sport, sa pratique en général, et le comportement des coureurs.

Pourquoi? Parce que comme tout Athlète, sportif qui se respecte, on ne peut pas ignorer la difficulté d’une épreuve, ni l’incidence réelle qu’elle porte sur notre corps, et sur notre organisme dans sa globalité.

Aujourd’hui, il est devenu « commun », tout à fait « normal » d’enchainer les longues distances aux dénivelés toujours plus impressionnant les uns que les autres… On voudrait vous faire croire, que cela est facile, normal, et possible pour tout le monde! On voudrait vous faire croire qu’il n’y a aucune incidence sur le corps, et sur la performance au cours d’une saison, et sur la longueur année après année, et quel que soit votre âge!…

Mais il suffit de regarder ce qui se passe à haut niveau pour comprendre qu’il n’en est rien! …

La longue distance est un art, celui « d’endurer », certainement plus que dans bien d’autre sport « d’endurance ». Même le marathon, discipline au combien difficile, n’exige pas autant de complexité dans sa préparation, ni d’avoir autant de « qualités » nécessaires pour arriver au bout d’une telle épreuve…

Ce sont 2 sports incomparables selon moi. Il n’y a qu’à regarder les vitesses moyennes des vainqueurs pour comprendre que l’on ne parle pas du même sport!… Il n’y a qu’à regarder l’équipement des coureurs et le terrain sur lequel ils évoluent pour comprendre que bien d’autres paramètres que uniquement l’aspect physiologique déterminent telle ou telle potentielle performance pour tel ou tel Athlète… Et que dire de la durée des épreuves?! Courir 2H, voir même 3, 4 heures sur un marathon, quand les meilleurs bouclent un UTMB en 21Heures! … Et un Tor des géants en presque 68heures avec quasi pas ou peu de sommeil!! … C’est tout à fait différent, dans la gestion et dans l’effort. En revanche, le dénominateur commun reste « l’impact » physiologique.

Il est tout de même rare de voir un Marathonien enchaîner 6, 7, 8 voir plus de Marathons dans la même année; Je ne suis même pas sûre qu’ils en fasse plus de 2 en réalité!… Et on comprendra assez facilement pourquoi! En faire un nécessite déjà une grosse préparation, ensuite il génère une grosse fatigue après l’avoir fait, et puis potentiellement quelques « lésions » de ci de là, en tout cas un certain impact physiologique à coup sûr.

Je cite l’enchaînement d’ultras, mais je devrais plutôt parler de  la succession de courses quelques soient les distances dans une saison en fait. 12 Courses par an c’est déjà énorme pour celui qui envisage de performer sur toutes!! On ne fait pas du vélo, le Trail n’est pas un sport « porté ». Et enchainer 12 courses par an, sans compter les heures d’entrainements où là encore, on va courir et pousser le corps dans ses retranchements, n’est pas anodin…

Les conséquences d’une telle négligence? Blessures à répétition et en tout genre, fractures de fatigue, tendinites de partout, sur-fatigue entrainant le burn-out plus communément nommé « sur-entrainement » et stop, saison terminée alors que les gros objectifs ne sont même pas encore arrivés!! … Dans les cas les plus léger, l’Athlète reviendra, dans les cas les plus graves, sa carrière se terminera prématurément…

Je pense que l’on peut pratiquer raisonnablement le Trail, et en particulier l’Ultra, sans mettre en péril sa santé, et tout en restant dans une éthique irréprochable et indiscutable. C’est juste une question de respect, de soi, et de son corps,  mais aussi des autres et du réglement…

Un projet sportif s’envisage sur le long terme. il ne peut pas toujours être le fruit d’une soirée bien arrosée (ou pas! ;)),  aucours de laquelle un pari entre amis se termine en objectif de saison!…

Prendre le temps de lisser les choses, définir des objectifs à court, moyen et long termes, sont la seule façon de se diriger dans le bon sens et de la bonne manière. On peut avoir soif de courir, de défis en tout genre, mais ignorer que le corps à besoin de récupérer pour durer, et continuer à progresser, c’est se mentir à soi-même, avant de leurrer les autres…

Alors que la fin de saison se profile, et que les dernières grosses courses arrivent, j’avais juste envie de partager ma vision d’une bonne pratique de notre discipline:

Qui veut voyager loin, ménage sa monture!

Prenez soin de vous,  et bon run! 😉

emy

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